Crucial M550 128 et 512 Go en test (SSD)

Crucial lance une nouvelle gamme de SSD complémentaire à ses M500, les M550. Plus haut de gamme, ils se distinguent notamment par des performances supérieures, particulièrement en écriture sur les modèles 128 et 256 Go.

Un peu d’histoire !

Créé en 1978, Micron a lancé en 1996 Crucial afin de vendre directement au grand public les mémoires qu’il produisait et vendait jusqu’alors aux fabricants d’ordinateurs.

Après avoir lancé en 2004 sa première puce Flash, une puce de 256 Mo gravée en 90nm, et crée avec Intel en 2006 une joint-venture dédiée à la production de ce type de mémoire (IMFT, pour IM Flash Technologies), Micron s’est lancé début 2008 dans l’aventure SSD.

C’est surtout à partir de 2009 et du Crucial M225 que Micron a fait parler de lui sur ce marché, à l’époque en associant un contrôleur Indilinx Barefoot avec de la mémoire Flash MLC 45nm … Samsung,

alors qu’il était lui-même producteur de Flash ! En 2010, c’est de la mémoire Flash MLC 34nm Micron qui était utilisée au sein du Crucial C300, le premier SSD SATA 6 Gb/s qui marquait également le début d’un partenariat avec Marvell côté contrôleur.

Le plus gros succès reste son évolution, le Crucial M4 et Flash MLC 25nm, lancée en 2011.

Le Crucial M500 lancé en 2013 et utilisant de la mémoire MLC 20nm n’a pas entrainé le même enthousiasme, Crucial ayant notamment fait le choix de ne faire appel qu’à des die Flash de 128 Gb qui du coup sont en nombre insuffisant pour afficher de bonnes performances en écriture séquentielle sur les modèles à plus faible capacité. Bien qu’une vitesse d’écriture séquentielle importante ne nous semble pas un point primordial à l’usage, cela reste un critère de choix pour de nombreux acheteurs qui était donc en défaveur du M500.

Le M500 avait par contre l’avantage de supporter un codage AES 256 bits avec support des normes IEEE1667 et TCG Opal 2.0, ce qui permet l’usage du codage matériel par BitLocker sous Windows 8 via le standard Microsoft eDrive, et d’un tarif assez agressif pour un SSD en MLC.

Le Crucial M550


Une situation dont ne pouvait se satisfaire Micron qui décide donc de lancer une nouvelle gamme de SSD ce jour qui vient en complément des M500, les Crucial M550 qui sont déclinés en versions 2.5″ 7mm (avec adaptateur 9.5mm), mSATA et m.2 SATA dans des capacités de 128, 256, 512 Go et même 1 To en 2.5″. Les prix publics sont de 84.90, 144.90, 289.90 et 449.90 € selon la capacité en 2.5″.

Leur garantie reste de 3 ans, avec un niveau d’endurance de 72 To soit environ 40 Go par jour (avec un SSD plein à 90% et des accès à 75% aléatoires et qui font à 50% 4 Ko, 40% 64 Ko et 10% 128 Ko).

Le M550 se distingue du M500 sur deux principaux points, le premier c’est le contrôleur qui est un Marvell 88SS9189 au lieu d’un 88SS9187, cette version plus rapide est comme d’habitude associée à un firmware personnalisé de Micron.

Le second c’est la mémoire, car si elle est toujours en 20nm cette fois Micron utilise des die 64 Gb sur les versions 128 et 256 Go.

Il en résulte des performances en forte hausse en écriture sur les modèles à faible capacité, avec une écriture séquentielle qui passe de 130 à 350 Mo /s sur les versions 120/128 Go et de 250 à 500 Mo /s sur les versions 240/256 Go.

Les autres chiffres augmentent également grâce à l’action combinée du nouveau contrôleur Marvell et on imagine d’une fréquence plus importante de la MLC.


Vous remarquez au passage que la capacité disponible pour l’utilisateur augmente. Sur le M500 cette dernière était amputée par la technologie RAIN (Redundant Array of Independent NAND), qui permet grâce à la parité de protéger les données de la défaillance d’une mémoire Flash.

Sur le M500 RAIN était utilisé avec une parité de 1 pour 15, c’est-à-dire que sur 16 blocs de données, 1 est utilisé pour la parité des 15 autres.

En cas de panne d’un bloc sur les 15, les données peuvent être récupérées en les recalculant à l’aide des 14 blocs restants et du bloc de parité.

Micron indique que sur le M550 cette technologie est toujours utilisée, mais vu la capacité disponible il est fait appel à un niveau de RAIN inférieur, a priori de type 1 pour 127 comme mentionné dans ce document , et l’espace nécessaire est pris sur le provisionning par défaut inhérent à tout SSD.

Toujours dans le domaine de la protection des données, le M550 comme le M500 dispose d’un mécanisme épaulé par une rangée de condensateurs visant à protéger les données en cas de coupure de courant, un bon point assez rare sur les SSD grands publics.

Il ne s’agit toutefois pas d’une protection complète évitant la perte des données en cache comme c’est le cas sur les SSD professionnels.

En pratique

Micron nous a prêté les versions 128 et 512 Go dont vous pouvez admirer les entrailles ci-dessous, dans le même ordre :


Nous leur avons fait subir une partie de notre protocole de test habituel et avons ajouté pour comparaison les générations précédentes Crucial ainsi que les Sandisk Extreme II et Samsung 840 Pro :

 


L’apport du M550 sur les débits séquentiels est évident sur la version 128 Go qui revient quasiment au niveau du 840 Pro en écriture, avec 351 Mo /s mesurés au lieu de 133 Mo /s sur le M500. Le gain plus faible en lecture est également notable, alors que sur la version 512 Go les gains sont plus légers.

La lecture par bloc de 4 Ko reste nettement moins rapide que sur les M4 et que sur les SSD concurrents en séquentiel et avec une seule commande, un écart qui est effacé avec 32 commandes simultanées. Les lectures aléatoires sont en hausse notable par rapport au M500, particulièrement sur la version 128 Go avec 32 accès, et la version 512 Go s’adjuge même la première place dans cet exercice. Reste qu’avec une seule commande les Sandisk Extreme II et Samsung 840 Pro restent supérieurs.

Les écritures par bloc de 4 Ko sont pour leur part en retrait en QD1 par rapport au M500, que ce soit en séquentiel ou en aléatoire, avec une commande simultanée, mais avec 32 commandes le M550 reprend l’avantage, particulièrement sur les versions 120/128 Go du fait de la limite de débit sur le M500. Les chiffres obtenus par rapport à la concurrence sont d’un bon niveau, même si avec une seule commande ils sont globalement inférieurs.

Nous avons effectué une partie de nos tests applicatifs sur la version 128 Go et avons noté des résultats intermédiaires entre ceux du M4 (le plus rapide des trois) et du M500, bien que les écarts soient dans tous les cas très maigres. En lecture et écriture de fichiers les résultats sont cohérents avec les mesures de débit séquentiel, alors que la stabilité des performances en stress test sur la version 512 Go a donné de très bons résultats. Ainsi sur les 30 dernières minutes de notre test le M550 a obtenu 5055, 11855 et 28860 configuré en 512, 480 et 400 Go, avec surtout des latences maximales par minute qui sont en moyenne de 36, 32 et 37ms.

Enfin la consommation est logiquement en hausse par rapport au M500, ce qui va de pair avec la hausse de performance. En soi ce n’est pas vraiment un problème puisque les débits étant plus élevés, le SSD sera moins longtemps actif. Au repos par contre la consommation est plus élevée que sur le Sandisk Extreme II et surtout le Samsung 840 Pro. Attention certains portables grâce au support des fonctionnalités d’énergie avancées (HIPM et DIPM) peuvent faire entrer le SSD dans des états plus économes que sur notre configuration desktop, états dans lesquels le M550 consomme selon Micron et à l’instar du M500 environ 0,1W. Mieux, sur les portables supportant le DevSleep les versions mSATA / M.2 peuvent avoir leur consommation abaissée à seulement 3 mW pour le M550 contre 5 à 20 mW sur le M500 selon les capacités.

Conclusion

Avec le M550, Crucial comble ce qui a probablement été un frein au succès commercial du M500, à savoir le débit en écriture sur les versions 128 et 256 Go. Un point qui reste important pour de nombreux acheteurs bien que peu utile à l’usage sur ce type de capacité. A de rares exceptions les performances augmentent et permettent à Crucial de disposer avec le M550 d’un SSD qui se bat avec les modèles les plus rapides, exception faite de la lecture séquentielle sur de petits blocs de donnée ou il reste en retrait.

 


Reste que comme nous l’avons répété à de nombreuses reprises, les performances des SSD sont à des niveaux tels qu’en dehors de besoin très spécifiques ces gains seront inutiles et vous ne verrez pas vraiment la différence en pratique. Dans ces conditions à quoi bon payer 30% plus cher pour un M550 par rapport à M500, même si le M550 est très bon ?

Là où d’autres proposent en plus sur leurs modèles premium une garantie de 5 années, Crucial se limite à 3 ce qui est de notre point de vue problématique. Face à un Sandisk Extreme II vendu à un tarif similaire (contrairement au Samsung 840 Pro trop cher mais qui se vends bien malgré tout – ce qui a dû donner des idées à Crucial) le M550 peine donc en l’état à avoir notre préférence, a contrario du M500 qui continue à se distinguer par un positionnement tarifaire très intéressant.

 

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